Méfiez vous des singes et des « 3 H »
Hello, hello, c’est Aldo,
Aujourd’hui, j’aimerais commencer par une petite histoire…
Imagine une pièce où se tiennent une vingtaine de chimpanzés. Au centre, une échelle au sommet de laquelle trône un régime de bananes bien mûres. Intéressé, un des singes commence à grimper… mais à peine a-t-il posé une patte sur l’échelle qu'une douche glacée s’abat sur tous les autres.
Oups ! Et le scénario se répète : chaque fois qu’un singe s’approche des bananes, c’est la douche collective.
Rapidement, les chimpanzés comprennent que « tenter les bananes = ennuis ». Au point que même une fois la douche froide désactivée, aucun n’ose s’aventurer vers l’échelle, par crainte de la punition.
C’est alors qu’un nouveau singe arrive dans la pièce et, bien sûr, tente de monter à l’échelle… Mais il n’en a pas le temps ! Les autres l’en empêchent et l’attaquent pour l’en dissuader ! Et il en sera ainsi pour chaque nouveau singe introduit, jusqu’à ce que tous les premiers chimpanzés, ceux qui ont réellement subi la douche froide, aient été remplacés. À la fin, pas un seul des singes restants n’a connu cette punition, pourtant tous sont fermement décidés : personne ne doit toucher à cette échelle, ni à cette banane !
Cette histoire illustre bien la notion de Culture d’entreprise figée. Et ce n’est pas forcément si caricaturale. En effet, on peut se dire que les premiers singes sont des bloqueurs, mais on peut aussi penser qu’en empêchant les nouveaux de s’approcher des bananes ils ont voulu protéger tout le groupe...
Dans toute organisation, récente, ancienne, agile, hiérarchique… il existe un socle qui influence profondément sa culture, ses valeurs et sa façon de fonctionner : les 3H !
Histoire, Héritage, et Habitudes
Ni bonne, ni mauvaise, chacune de ces notions est à double tranchant : ce qui est source de force et d’appartenance peut aussi freiner l’innovation et la performance. Toutes ont eu leur raison d’être au départ, certaines deviennent la base d’une culture solide source d’épanouissement quand d’autres finissent par devenir des règles rigides et immuables… sans qu’on en comprenne plus vraiment l’utilité ou l’intérêt.
Les 3H sont une force.
Alors, cette semaine, ami Jedi, on prend son plus beau sabre laser pour explorer leurs côtés lumineux et leurs côtés obscurs !
1. H comme Histoire
L’Histoire d’une entreprise, ce sont ses origines, ses réussites, ses crises, ses évolutions. C’est ce qui raconte d’où elle vient, pourquoi elle a été fondée et par qui. L’histoire est essentielle car elle est un puissant moteur de sens, de fierté et de cohésion pour les équipes. Elle permet de comprendre la raison d’être de l’entreprise et de se projeter vers un futur construit sur des bases solides.
Côté lumineux :
Une histoire forte crée un sentiment d’appartenance et renforce la culture d’entreprise. Elle permet aux collaborateurs de s’identifier aux valeurs et aux engagements de l’organisation, ce qui, en retour, nourrit leur motivation et leur implication.
Côté obscur :
Mais l’histoire peut aussi devenir un fardeau. Parfois, les entreprises sont trop attachées à leur passé et peinent à se réinventer ou évoluer. Rester figé dans une vision historique empêche de s’adapter aux changements, et cela peut devenir un obstacle à l’innovation.
« C’était plus sympa quand on était 10 », OK mais aujourd’hui on est 80, est-ce que ça pourrait vraiment encore marcher comme ça ?
2. H comme Héritage
L’Héritage est ce que l’histoire laisse aux générations actuelles : les valeurs, les méthodes, les processus qui ont forgé l’entreprise telle qu’elle est aujourd’hui. Cet héritage représente un trésor de savoir-faire, de compétences et de valeurs qui sont autant d’atouts pour se différencier.
Côté lumineux :
Un héritage fort aide à maintenir la cohérence dans les pratiques et les valeurs de l’entreprise. Il sert de repère et de guide, surtout pour les nouveaux arrivants. Dans les moments difficiles, l’héritage peut aussi être un ancrage solide qui aide à prendre les décisions.
Côté obscur :
À l’inverse, un héritage trop rigide peut aussi brider la créativité. Trop souvent, cet héritage devient une excuse pour refuser le changement. Pour avancer, il est parfois nécessaire de remettre en question certains éléments hérités, pour faire place à de nouvelles perspectives.
« On a toujours fait comme ça », sans doute, mais parce que c’est la meilleure manière de faire ou parce qu’on ne s’est jamais posé la question ?
3. H comme Habitudes
Les habitudes, ce sont les comportements, les rites, les rituels et les routines de travail ancrés dans le quotidien des équipes. Elles sont souvent le résultat de l’histoire et de l’héritage, et elles rythment la vie de l’entreprise.
Côté lumineux :
Les habitudes permettent d’instaurer une forme de stabilité et d’efficacité opérationnelle. En étant rodées, elles simplifient les processus et facilitent les interactions entre les équipes.
Côté obscur :
Mais les habitudes peuvent aussi s’installer au détriment de l’évolution. À force de reproduire les mêmes schémas, on peut perdre de vue l’importance de la remise en question et de l’adaptation. Les habitudes, même les plus ancrées, peuvent empêcher de saisir des opportunités nouvelles ou de répondre aux défis de demain.
« Les gens aiment que l’on fasse comme ça », tant mieux mais est-ce par efficacité ou par confort ?
Pour rester les mêmes, nous devons changer
Trouver le bon équilibre entre Histoire, Héritage et Habitudes est essentiel. Il ne s’agit pas de renier son passé, au contraire, mais de le transformer en levier pour innover. Les 3H doivent évoluer au fil du temps pour que les entreprises puissent elles-mêmes évoluer. L’objectif ? Préserver ce qui a fait leurs succès tout en restant ouvertes au changement.
Changer, c’est exister demain !
Osez revisiter vos 3H !
Ne jamais y toucher c’est prendre le risque de se scléroser, d’uniformiser la pensée et les équipes, les divergences et ceux qui les portent étant systématiquement rejetés en bloc.
Posez-vous ces questions : Quelles habitudes freinent l'innovation dans notre entreprise ? Comment valoriser notre héritage tout en intégrant de nouvelles perspectives ? Comment écrire notre histoire future sans être prisonniers de notre passé ?
Le succès durable, c’est sans doute de cultiver une « mémoire vivante & apprenante » qui s’inspire du passé en restant ouvert aux changements.
À très vite,
Aldo le Manchot Jedi


