Ne fais pas aux autres ce que tu aimerais que l’on te fasse
Hello, hello, c'est Aldo !
Il voulait lui faire plaisir, un cadeau avec le cœur et pensait lui faire une vraie surprise. Vraiment. "Moi, j'adorerais qu'on me fasse cette surprise. Alors je vais tout préparer."
Un week-end en pleine nature, loin de tout, sans réseau, sans agenda — exactement ce dont, lui, rêverait pour souffler.
Sauf qu’il avait oublié un tout petit détail… ce n’était pas pour lui.
L'autre rêvait d'un plaid, de musique, et d’un bouquin à la maison.
Intention : excellente.
Effet : désastreux.
Et si vouloir bien faire, ce n’était pas toujours faire du bien ?
On croit souvent qu’il s’agit d’une version bienveillante du « bon sens ».
Mais dans la vraie vie, c'est parfois une impasse.
Pourquoi ? Parce qu'on oublie une chose essentielle : l'autre n'est pas nous.
La projection : un biais humain... et tenace
L'humain est un animal social. Pour sa propre survie, il cherche naturellement à comprendre les autres. Mais faute d'accès direct à leur monde intérieur, il utilise ce qu'il connaît le mieux : lui-même. C'est le biais de projection. Un raccourci mental qui nous pousse à croire que l'autre pense, ressent, réagit comme nous.
Tu aimes les challenges ? Tu pousses ton équipe à en relever.
Tu as besoin que ça bouge ? Tu fais subir à ton entourage une fête permanente.
Tu adores planifier ? Tu veux que tout le monde suive un agenda millimétré.
Et tu penses sincèrement faire le bien. Mais faire "le bien" pour toi n'est pas faire "le bien" pour l'autre.
Un enfer pavé de bonnes intentions
Projeter ses envies, ses peurs, ses inconforts, c’est normal. C’est humain. Mais ça devient dangereux quand on ne s’en rend plus compte. Ce que nous projetons le plus souvent aux autres :
Nos valeurs : exemple ➡ Tout le monde doit vouloir briller
Nos peurs : exemple ➡ s’il me félicite autant c’est louche
Nos désirs : exemple ➡ On veut tous la même chose, la fin justifie les moyens
Nos inconforts : exemple ➡ Personne n'aime le silence alors il faut le rompre
Sauf qu’à force de décider pour l’autre sans le consulter, on tue l’envie, on abîme la motivation, on crée de la méfiance.
Ce besoin de projeter ce qui nous semble "bon" ne s’arrête pas à la maison. En entreprise aussi, on propose, on impose, on motive, on encadre... selon nos filtres.
Parfois l'intention étouffe la relation. Les phrases commence faussement par "C'est pour toi que je dis ça" alors que nos réflexions commencent toutes "Comme MOI". On n'adapte pas sa communication, on projette ses besoins de s'améliorer, son plan de carrière, on impose le format de réunion qui nous convient...
Résultat : on néglige les formes, on impose notre vision du progrès, on projette notre façon de faire — sans jamais vérifier si elle convient vraiment à l’autre.
Améliorer son intelligence relationnelle et éviter les comportements projetés
Pour faire autrement, il suffit le plus souvent de faire un pas de côté avec son Ego...
Demande avant d'aider
Avant de rendre service, pose la question : "Est-ce que tu veux que je t'aide ? Et comment ?" Ce que tu vois comme un coup de main peut être vécu comme une intrusion.Suspends tes filtres
L’autre n’est pas contre toi. Il est pour lui. L’écoute active, sans jugement, ouvre la voie à une vraie compréhension.Utilise ton humilité
Tu n’es pas son sauveur, il n’est pas ta cause à défendre. La bonne intention ne justifie pas l’ingérence. (Rappelle-toi le triangle de Karpman : sauveur, victime, persécuteur...)Passe du "pour" au "avec"
Arrête de faire pour l’autre. Co-construis. Propose plusieurs options. Laisse le choix. Partage la responsabilité.
Accepter la véritable altérité
Quand tu crois comprendre totalement quelqu'un, souvent tu ne comprends que toi-même dans l'autre. Accepter la vraie différence, c’est renoncer à tout prédire, à tout comprendre. C’est laisser à l’autre le droit d’être radicalement différent, lui laisser la possibilité de te surprendre.
Nous avons des points communs, mais l'Autre est unique. Et c’est dans cette reconnaissance que naît une relation vraiment humaine, vraiment juste.
Alors, la prochaine fois que tu veux faire plaisir ou aider...
Demande-toi : "Est-ce que je le fais pour eux ? Ou pour moi ?"
A très vite,
Aldo le Manchot


