Tu as raison... mais je n'ai pas tort
Hello, hello, c’est Aldo !
Aujourd’hui, j’aimerais qu’on parle d’un sujet que l’on maîtrise tous… chez les autres.
Réunion tendue, sujet sensible, les arguments s’échangent.
Et là, Jean-Michel s’enflamme. Il défend son idée bec et ongles, s’appuie sur des chiffres périmés, coupe la parole, s’emporte…
Toi, tu regardes autour de la table. Tout le monde baisse les yeux. Intérieurement tu te dis :
« Sérieusement ? Personne ne va relever cette mauvaise foi XXL ? »
Et là, tu te rappelles que Jean-Michel, parfois… c’est toi.
Enfin pas complétement…Toi tu n’es jamais de mauvaise foi… Pas autant du moins… Ah, si ?
Et si ce n’était pas forcément par malveillance, mais par protection ?
Alors oui, on y va : aujourd’hui, on va essayer de déminer ce terrain glissant.
Car la mauvaise foi est une stratégie de survie bien humaine, souvent discrète, mais sacrément bien rodée.
L’objectivité n’existe pas
On adore penser qu’on est rationnels. Qu’on agit de façon logique, avec lucidité.
Spoiler : nonL’objectivité n’est pas une réalité mais un idéal, ce vers quoi on doit tendre.
Personne ne voit le monde tel qu’il est.
On le voit tel que nous sommes.
Avec nos filtres, notre histoire, nos émotions, nos souvenirs (un peu réécrits), nos croyances parfois bancales… Et notre bonne vieille peur de perdre la face.
« L’avis des autres n’est que la vie des autres. »
Et le tien aussi.
L’ego, chef d’orchestre de notre mauvaise foi
Quand on pense que notre point de vue est “juste”, “logique”, “mesuré”... C’est le plus souvent notre ego qui parle. Et il a horreur de reconnaître ses erreurs, d’admettre qu’on a changé d’avis ou même d’accepter de douter…
Pourquoi ? Parce que ça menace notre sentiment d'exister, de valoir, de briller.
Alors il active une défense : la mauvaise foi.
Rarement logique, mais toujours confortable.
Changer d’avis, dans la tête de l’ego, c’est perdre. Alors que c’est justement une preuve de maturité.
Sortir de la mauvaise foi, ce n’est pas lutter contre l’ego.
C’est l’éduquer. Le calmer. Lui dire qu’il peut être imparfait, et toujours digne d’être écouté.
Les 3 biais qui nous piègent
Et pour ne rien arranger, notre cerveau nous joue quelques tours bien rodés :
Le biais de confirmation
On ne retient que ce qui renforce nos idées. Le reste ? On l’ignore. Pas consciemment. Juste… on ne le “voit” plus.Les coûts irrécupérables
Abandonner une croyance, après y avoir consacré autant de temps, d‘énergie voire d’argent, c’est perdre un repère important. Mieux vaut s’accrocher à l’erreur que flotter dans l’inconnu.L’appartenance à la tribu
Changer d’avis, c’est parfois risquer de ne plus “faire partie du groupe”. Alors on préfère avoir tort ensemble que raison tout seul.
L’humain ne cherche pas la vérité, il cherche la survie
Car comme souvent, la vérité est simple : l’humain ne cherche pas en priorité à avoir raison.
Il cherche à rester debout, à être reconnu, à se rassurer.
Penser par soi-même (et pire : contre soi-même !) demande une énergie folle : résister à l’appel des idées toutes faites, assumer l’incertitude ou accepter d’être différent du groupe,
Il est souvent moins risqué d’être dans une illusion partagée… que seul dans la vérité.
Parce que derrière la mauvaise foi, il y a la peur :
Peur d’être ignoré ou oublié,
Peur d’être isolé ou d’être rejeté,
Peur d’être défaillant ou désorganisé
Peur d’être inutile ou inefficace
Et plus la peur est forte, plus la mauvaise foi se renforce.
Comment en sortir ?
La mauvaise foi est humaine. Mais elle n’est pas une fatalité.
Voici quelques pratiques pour la désamorcer… chez soi (et un peu chez les autres) :
Pose la question que tout le monde évite.
En réunion, demande ce que personne ne veut entendre. Pas pour provoquer, mais pour clarifier.Sois l’avocat du diable.
Choisis une idée que tu trouves absurde et essaie de la défendre. Tu verras comme ça remet les choses en perspective.Lutte contre les mauvais côtés de ton Ego :
A chacune de tes réflexions ajoute : « Ce n’est pas parce que je le pense… que c’est vrai. »
Tu verras, ça calme l’ego et ça ouvre l’esprit.
Être de bonne foi, c’est avoir le courage de changer d’avis
La mauvaise foi ne se voit pas toujours. Elle se glisse dans les silences, dans les “je suis pas d’accord” sans raison, dans les “ça a toujours été comme ça”.
Le vrai courage, celui qui construit la performance humaine, ce n’est pas d’avoir toujours raison.
C’est d’avoir suffisamment confiance en soi et dans les autres… pour admettre qu’on a pu se tromper.
Et continuer à avancer.
Mais toi tu n’es jamais de mauvaise foi, en tout cas bien moins que les autres…
Alors, merci de relire cette newsletter.
Deux fois.
Minimum.
À très vite,
Aldo le Manchot


